Il existe dans nos vies des courriers fantômes.
Des lettres écrites puis déchirées, des messages commencés dans un élan et jamais terminés, des mots que l’on range au fond d’un tiroir parce qu’on ne sait pas à qui, ou comment les adresser.
Nous avons tous, quelque part, des phrases suspendues.
Je repense souvent à ces lettres que l’on n’envoie pas.
Elles portent en elles une vérité brute, un instinct immédiat qui se perd dès qu’on commence à réfléchir. On y laisse parfois plus de sincérité que dans tous les mots soigneusement pesés que l’on finit par partager.
Ces lettres ne voyagent pas, mais elles nous transforment.
Elles parlent de familles compliquées, de silences qui abîment, de blessures anciennes que l’on croit dépassées,
mais aussi d’amour, de gratitude retenue, d’amitiés essentielles que l’on n’ose pas déranger.
Je crois que ces lettres sont un miroir. Pas un miroir flatteur, pas un miroir cruel non plus.
Un miroir honnête.
Il y a quelques jours, j’ai retrouvé une page que j’avais écrite sans intention. Un bout de texte né d’une conversation intérieure, une simple tentative de dire « je voulais que tu saches ».
Cela m’a rappelé que l’écriture est parfois un refuge, parfois une arme, souvent les deux.
Nous ne disons pas tout à ceux que nous aimons.
Par pudeur, par éducation, par peur de blesser, ou parce que « ce n’est pas le moment ».
Pourtant, dans ces lettres inachevées, il y a souvent ce qui compte le plus.
Le vrai.
Ce que nous ne disons jamais à voix haute.
Si vous le souhaitez, prenez quelques minutes cette semaine pour écrire une lettre que vous n’enverrez pas.
À quelqu’un qui vous manque,
à quelqu’un qui vous a blessé,
ou à quelqu’un que vous aimez probablement plus que vous ne l’admettez.
Ne la relisez pas trop.
Ne la jugez pas.
Écrivez seulement.
Je suis convaincue que les mots ont une manière subtile de nous libérer.
De mon côté, je continue à avancer sur mes projets , sur mon site, sur mes pages, sur ce fil que je tisse avec vous un peu plus fort à chaque envoi.
Je continue aussi à écrire ces lettres silencieuses, celles qui n’ont pas besoin de destinataire pour faire du bien.
Parfois, écrire suffit.
Merci d’être là,
merci de lire,
merci de faire exister ce petit espace où l’on peut poser des mots qui comptent.
À très vite,
S.C. Starowicz
